Les produits miracles

lundi 12 avril 2004
par  Sébastien Canevet
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Je me souvins qu’un copain anglais, je revois très bien de son visage d’anglais typique, avec son teint clair et ses cheveux filasses, mais son prénom m’échappe, appelons-le Tommy....

Tommy, donc, avait une jolie petite morris eight. Je me souviens que c’était une première série, avec une calandre chromée et des roues "magna" à rayons. (marrant, la mémoire, je me souviens mieux des bagnoles que des gens :-)

C’était une jolie petite voiture en bel état d’origine, carossée en Tourer, ce qui la rendait rare par rapport aux berlines qui circulaient encore beaucoup dans la Grande Bretagne des années 70. Son seul défaut était d’avoir un moteur anémique (déjà qu’à l’origine, ça n’était pas un foudre de guerre, avec ses 900 centimètres cube). Il avait simplement besoin de ce que nous appelions en France "un coup de fouet"

Le hasard faisant parfois bien (?) les choses, nous nous étions retrouvés à Goodwood pour je ne sais plus quelle rencontre d’anciennes, et parmi les marchands de pièces et de produits divers et variés, nous tombons sur LE produit miracle, qui était censé remplacer une segmentation neuve et redonnant toute son étanchéité d’origine à n’importe quel moulin au bord de la ruine.

Je me souviens que le vendeur faisait une démonstration avec un moteur de Morris eight, justement, avec deux cylindres soit disant traités avec son produit et deux sans traitement. Il versait du pétrol dans les trous de bougies et ça coulait évidemment sous le moteur uniquement du côté "non traité". En plus, il était drôle et avait un bagout pas possible, avec un accent "cockney" à couper au couteau, vantant les qualité de son produit "new old stock" garanti d’époque.

Tommy sort les deux livres pour acheter ce produit mirifique, qui s’appellait quelque chose comme "The perfect", dans un joili bidon rouge et or avec la collection complète des "royal warrants" des garages de sa gracieuse majesté.

Le soir, au moment de repartir, Tommy verse le produit miracle dans le moteur et démarre pour rentrer chez lui.

Le moteur a tourné trois ou quatre minutes, avant de s’arreter définitivement : pistons hermétiquement soudés dans les cylindres par le produit "d’étanchéité" le bien nommé. Jamais rien ni personne n’a pu les désouder, même pas du pétrol en flamme dans les cylindres une fois le moteur déculassé...

Tommy en fut quitte pour troquer son moteur "étanche" pour un autre trouvé dans la casse du coin.

Moi, ça m’a définitivement guéri des produits "miracles"

Mais j’aime toujours écouter les vendeurs de foire rigolos vendant leur camelote :-)


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