Changement d’embrayage (juin 2005)

 juillet 2006
par  Sébastien Canevet
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Peu de temps après l’achat, l’embrayage de la BSA commence à donner des signes de faiblesse. Tout va bien à froid, mais dès que le moteur est en température, ca fume et ça sent le... bouchon brûlé.

Rien de bien surprenant à celà, d’ailleurs. Le bouchon est en effet l’ingrédient principal de l’embrayage de ce cyclecar, un peu comme les motos d’avant-guerre, auxquelles elle emprunte une partie de ses caractéristiques. Donc changement de bouchons. Autant dire que l’opération ne coûte pas bien cher en matière première. En revanche, question temps passé, il faut démonter presque la moitié de la voiture pour changer ce 0 !*£µ3é#¤£ d’embrayage.

 Strip tease

On commence le strip tease en retirant le capot, la calandre et le radiateur (ne pas oublier de le vider avant :-). On continue en déposant les roues après avoir mis la voiture sur chandelles. Jusque là, rien de bien sorcier, ça prend une heure, sans se presser.

Ca se complique un peu maintenant. Il s’agit de désacoupler les demi-arbres de roues et de démonter les "flectors", ces petites rondelles de coton enduit qui assurent la transmission souple du mouvement entre les axes de sortie de differentiel et les demi-arbres. C’est parfaitement inaccessible, un peu moins après avoir retiré le "pont", cette barre en accent circonflexe qui ferme la cage avant du chassis, autour du nez du moteur.

Le but du "jeu" est de repousser suffisament tout ça pour laisser le moteur sortir. Ca prend... un certain temps. Beaucoup plus en tous cas que je ne le pensais (refrain connu). Enfin, le moteur est sorti (admirez au passage ma superbe grue d’atelier, achetée 149 euros aux "outilleurs de Sambre et Meuse").

Remarque : je n’avais pas bien compris les indications du manuel d’atelier édité par le Club et j’ai sorti le moteur avec le levier de changement de vitesse en place, alors qu’il suffisait de le démonter avant.

Il suffit maintenant de désacoupler l’ensemble boite-différentiel pour accéder au mécanisme d’embrayage. Ce n’est pas trop lourd et j’ai pu le déplacer seul jusqu’à l’établi.

 Réfection de l’embrayage

Et voici le coupable, voyez combien les bouchons affleurent juste la platine, alors qu’ils devraient dépasser d’un peu moins de trois milimètres.

Le remplacement des rondelles de bouchon est une formalité. Une astuce, j’ai utilisé une machine à boucher les bouteilles pour comprimer les bouchons avant de les introduire à force dans les orfices de la platine. Et voilà le travail !

Une fois les bouchons en place, on coupe les sur-epaisseurs au cutter et on surface à la ponceuse. Un coup de pied à coulisse pour vérifier si on est à la bonne côte. Et Hop "y’a ka" remonter... (A gauche, la platine rebouchonnée de neuf, à droite, l’autre platine, en attente, au dessus les anciens bouchons et les trois disques d’embrayage sur lesquels vont venir frotter les bouchons, le tout baignant dans l’huile.)

 On remonte

Le remontage est l’exact inverse du démontage, avec une nuance de taille. Il faut réaligner le mécanisme d’embrayage. On commence par remonter les platines sur le moteur en comprimant le tout avec des serres-joints et un outil "ad hoc" constitué d’une simple planche bois et de tiges filetées qui passent par les orifices des boulons de fixation.

Le petit jeu consiste ensuite à tout remettre en ligne, sans voir grand chose si ce n’est pas l’orifice de remplissage et le trou laissé vide par le démarreur...

Quand on a de la chance, ca tombe pile du premier coup. Sachez que je n’ai pas eu de chance, et que j’ai redémonter... huit fois.

 Bilan

Bilan financier : pas grand chose

  • Les bouchons, ceux ci étaient d’occasion (un Chateau Vernou 1998 dont je pense le plus grand bien :-)
  • La grue de garage : 145 euros mais ca reservira, et ça ne s’use pas vite. (à la rigueur, on peut la remplacer par un treuil fixé au plafond...)
  • Clés plates : un jeu de six clés plates au format Withworth, achetées 22 livres chez Baconsdozen, que je recommande au passage
  • Un bidon de dégrippant : 7 euros (je recommande vivement le WD40)

Bilan "humain"

  • Je l’ai fait (important pour un "intello" de se rendre compte qu’il sait aussi faire quelque chose des ses dix doigts :-)
  • Je connais mieux la voiture, donc plus de facilité à dépanner lors des inévitables pannes avec un véhicule de 71 ans

 En guise de conclusion

Ayant fini la lecture de ma petite description, peut être vous dites vous "Trop compliqué son truc, par pour moi, réservé aux pros...". Détrompez-vous, je ne suis qu’un modeste amateur, moyennement outillé et sans connaissances techniques complexes. Je suis "bricoleur", sans plus.

Soyons franc, si vous ne savez pas planter un clou sans vous taper sur les doigts ou si vous demandez au voisin de pallier de vous changer une ampoule électrique, mieux vaut ne pas y toucher. Si en revanche, l’aventure vous tente, n’hésitez plus. C’est à la portée de l’amateur patient et (plus ou moins) organisé.


Merci aux copains de passage : Gilles et Francis, qui m’ont aidé à sortir le moteur, Pierre et Philippe qui ont tenté de réaligner cette cochonnerie d’embrayage et à Claude, qui m’a aidé lors du remontage final.

Cet article avait fait l’objrt d’1 Message sur l’ancien forum

*
> BSA - changement d’embrayage
28 juin 2005 11:04, par Pierre

En voila un défi, transformer une BSA en grand cru classé, chapeau bas. Espérons qu’elle n’aura pas le gout de bouchon !

Il est vraiment intéressant de s’apercevoir qu’avec des idées et un peu d’huile de coude, on peut faire des miracles, n’est ce pas, mon cher Watson !


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