Celles que j’ai eues

Souvenirs, souvenirs...
 1996
par  Sébastien Canevet
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Quand on a 18 ans et pas un sou en poche, pour rouler on achète ce que l’on trouve. Mais quand on est un peu loufoque, comme je l’étais déjà, il arrive que l’on achète des voitures dont plus personne ne veut mais qui sont rigolottes.

  Sommaire  

Quand on a 18 ans, on est toujours un peu con. Moi, j’étais très snob. Je ne buvais que du thé de chez Harrod’s et je ne cirais mes pompes qu’avec du cirage de chez Lobb. Bref, j’étais anglomane !

 MG "A"

Mon premier achat fut une MG A. Elle était passablement faisandée, consommait plus d’huile que d’essence, n’avait ni pare-brise no capote, mais elle présentait un énorme avantage à mes yeux : elle n’était pas cher.

J’ai vite compris pourquoi : le moteur a rendu l’âme moins d’une semaine plus tard. Il faut dire que c’était une "twin cam". N’ayant jamais soulevé un capot à l’époque, je ne savais foutre pas que j’étais tombé sur une pièce rare, mais plutôt délicate. Quand le moteur était en panne, c’est à dire souvent, elle roulait avec un moteur de MG B. Il faudra que je vous en raconte d’avantage à son sujet, un jour...

 Hep, Taxi !

Que faire quand on vient de passer six mois à Londres, histoire d’apprendre à "causer" anglais et qu’on s’est ruiné à acheter des bouquins dans toutes les librairies d’occasion de Londres, que ces fichus bouquins pèsent le poids d’un âne mort et qu’on veut quand même les rapporter en France ? On achète un taxi, voyons !

Ne vous fiez pas à cette photo (floue) qui le présente sous un jour favorable, il était complètement pourri... C’est bien simple, il n’avait même pas son M.O.T. (le contrôle technique local). Et pour que quelque chose qui roule n’obtienne pas son MOT à la fin des années ’70, il fallait vraiment que "ça craigne".

Et ça craignait. Je me souviens qu’on voyait la route au travers de la dentelle qui tenait lieu plancher à la place conducteur. Je me souviens que j’avais caché la misère avec une planche de contre-plaqué pour ne pas inquiéter mes passagers. Je me souviens que cette machine démarrait toujours du premier coup, mais qu’il ne fallait vraiment pas se mettre derrière au démarrage tant ça dégageait épais. Je me souviens que rien ne l’arrétait, surtout pas ses freins, mais qu’il nous a rapatriés à Paris sans aucun problême, avec mes deux cents kilos de bouquins.

Un copain bordelais nous ayant invités à venir le voir, le taxi nous mena jusque là, contre toute attente. Nous avions décidé de voyager légers et de l’abandonner discrètement au bord de la route à la première panne un peu grave. Si vous avez été emmerdé par un taxi londonien qui plafonnait à 70 kilomètres heures sur la nationale 10 un beau jour de juillet 1978, c’était nous.

Après quelques jours de ripaille et de rigolade à Bordeaux, nous décidâmes d’aller à Biaritz, puis de Biaritz à San Sebastian, de San Sebastian à Madrid, de Madrid à Séville, de Séville à Gibraltar. Sans doute regaillardi par ce passage dans ce petit bout de Grande Bretagne perdu tout au sud de l’Europe, le taxi roulait toujours.

La traversée jusqu’à Tanger ne fut qu’une formalité. J’abrège, après avoir traversé le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, le ferry nous mena jusqu’en Italie, à Reggio peut être, j’ai oublié. Si bien que mi septembre nous étions à Paris et que cette bête de somme roulait toujours.

Je me souviens de l’avoir revendu une fortune à un type "qui en voulait un depuis si longtemps". La fortune en question devait s’élever à 7000 ou 8000 francs (nous étions en 1978). Vu que j’avais du l’acheter 80 livres, soit 800 frances, trois mois plus tôt, qu’il nous avait fidèlement servi pendant trois mois de vacances et que je n’avais plus un rond pour manger, j’estime que c’est la plus belle affaire que j’ai jamais faite avec une "bagnole".

Je regrette aujourd’hui de l’avoir vendu si vite, il n’est pas exclu que je m’en achète un autre un jour. Mais l’experience aidant, soit je le choisirai blanc, soit je ne retournerai pas traverser un petit bout de Sahara avec. Car, voyez vous, le noir, ce n’est pas la couleur idéale par 45 degrés à l’ombre :-)

 Ford T

Achetée 500 balles à la fin des années 70


Cet article a fait l’objet de deux réponses sur l’ancien forum !

Celles que j’ai eu(es)
9 juillet 11:41

Salut l’intello ! Moi aussi j’étais un peu con jeune, et je le suis resté, la preuve ! Yapa que le droit et les bagnoles dans la vie, il y a aussi la poésie et ... l’orthographe (les règles qui permettent d’exprimer précisément la pensée, y compris dans le vaste monde juridique ...).

Statistiques Google : "celles que j’ai eu" : 19 600 "celles que j’ai eues" : 2 490 "celles que Jésus" : 1 510

Une nouvelle preuve que la démocratie n’a pas toujours raison, mais ça, on le savait déjà !

Sans rancune, j’espère ! ;-)

K11

Répondre à ce message
o
Celles que j’ai eu(es) 22 juillet 14:49, par Sebastien Canevet

Tout à fait, je suis un incorrigible bavard doublé d’un parfait étourdi. Résultat, j’écris, j’écris, je ne me relis jamais et je ne vérifie rien :-(

Je corrige donc immédiatement :-)))


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